Écriture Paris

 

couv PLOffrez à vos élèves le Permis de lire !

Combien y a-t-il d'élèves non lecteurs ou très faibles lecteurs dans les classes de CE1 et au-delà ? Je n'en ai pas la moindre idée, mais le ministère de l'Éducation nationale estime à plus de 10 % le pourcentage de jeunes de 16 à 25 ans en difficulté de lecture, dont la moitié en situation d'illettrisme. Le problème est donc absolument massif.

Pour y remédier, de nombreuses mesures ont été prises en faveur des élèves de CP, puis de GS et de CE1. Mais que fait-on pour les milliers d'élèves plus âgés, ceux de plus de 7 ans qui sont dans le système scolaire et qui passent de classe en classe sans vraiment savoir lire ? J'ai toujours été choquée du fait qu'il n'existait aucun outil spécifique pour leur apprendre à lire et à écrire. Quand j'étais enseignante en CLIN, pour élèves non francophones donc, je jonglais, comme tous mes collègues, entre méthodes prévues pour le CP et outils bricolés à partir de manuels des autres niveaux.

Muriel Guitton, de son côté, a voulu créer un outil efficace pour apprendre à lire à un élève sa classe de CM1 qui ne savait pas déchiffrer à l'âge de 10 ans. Nous avons donc commencé à travailler ensemble à cette occasion il y a une dizaine d'années.

Après de longues années à chercher un éditeur pour ce projet innovant, c'est grâce aux éditions MDI que nous venons enfin de publier Permis de lire, un cahier pour se réconciler avec la lecture en douze étapes. Nous sommes donc particulièrement heureuses de vous présenter le fruit de notre travail.

 

Une progression graphémique

Le principe est simple : la progression est strictement graphémique, c'est-à-dire qu'on part de la lettre pour aller vers le son. On apprend d'abord le son le plus fréquent (par exemple, la lettre s ne sera présentée que faisant le son [s] dans un premier temps) et on s'entraîne à combiner les sons entre eux, grâce à des tableaux de syllabes.

Comme la méthode s'adresse à des élèves plus grands que ceux de CP, nous avons choisi de regrouper l'apprentissage des lettres au lieu de les présenter une à une. Ainsi, par exemple, dans l'étape 4, on découvrira les lettres t, d, n et f. De cette manière, les élèves ont rapidement suffisamment de sons à leur disposition pour pouvoir lire des mots et de courtes phrases.

 

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Un cahier adapté aux élèves dys

On sait maintenant que certains enfants ont des difficultés d'apprentissage de la lecture dues à des dyslexies ou à des dyspraxies, en particulier visuo-spatiales. Le repérage dans l'espace et la distinction des différents caractères est plus difficile pour eux que pour la majorité de la population scolaire.

Permis de lire a pris en compte les difficultés des élèves dys de plusieurs manières. Tout d'abord, la maquette est extrêmement aérée et aucune distraction visuelle ne risque de détourner l'élève de la tâche qui lui est proposée. Les exercices ne sont illustrés que lorsque l'image apporte un élément utile.

page Permis de lire

Par ailleurs, les éditions MDI ont fait développer une police d'écriture adaptée, spécialement pour Permis de lire. En effet, les polices de caractères classiques sont souvent source de confusion, entre le I majuscule et le l minuscule, par exemple. Les hauteurs de lettres ne sont pas toujours suffisamment différenciées, les espaces interlettres sont insuffisants et l'épaisseur du trait peut donner aux élèves dys une impression de "noir" qui les empêche de bien distinguer chaque lettre.

Christina Poth, typographe, a donc développé pour les éditions MDI la police MDI école, qui sera, nous l'espérons, d'une grande aide à ces élèves. La comparaison avec la police Helvetica montre bien la différenciation du l minuscule d'avec le I majuscule, la plus grande différenciation des hauteurs de lettres, l'affinement des attaches, l'espacement des caractères.

 

MDI école

 

Un lien systématique avec l'écriture

Dès le début, l'élève sera incité à joindre la parole au geste, c'est-à-dire à oraliser les sons qu'il est en train d'écrire. Cet entraînement renforce considérablement l'apprentissage de la lecture. Pour aider au tracé correct des lettres, des animations seront à la disposition des enseignants dans le bibliomanuel.

 

 

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L'écriture est omniprésente dans le cahier et se fait toujours sur du lignage Seyès : il est plus facile d'écrire sur du papier à grands carreaux que sur une ligne simple ou des pointillés. Les six premières étapes proposent d'ailleurs un lignage légèrement agrandi par rapport aux cahiers classiques : les interlignes sont espacés de 2,5 et non de 2 mm.

Le format du cahier est également adapté à des grands enfants ou des adolescents : 19 x 26 cm, comme le cahier Aide personnalisée de la collection Mes cahiers d'écriture.

L'élève est donc amené à écrire les lettres en copie, puis sous la dictée, puis à faire des exercices systématiques (compléter un mot, remettre une phrase dans l'ordre, copier et illustrer un paragraphe, choisir la bonne désinence, etc.).

 

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Chaque exercice est présenté avec un exemple, qui permet de comprendre la consigne de manière implicite. En effet, l'élève doit pouvoir utiliser son cahier en autonomie, une fois qu'il est bien habitué à sa structure et qu'il a fait les premières pages sous la houlette de l'enseignant. Comme il n'est pas encore capable de déchiffrer la consigne, il doit pouvoir la comprendre par simple observation.

 

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Des "lectures dans la vie"

Les écrits ne sont bien entendu pas que dans les livres, mais aussi partout autour de nous : panneaux, affiches, étiquettes, titres, enseignes... à chaque étape, Permis de lire propose une page de "lecture dans la vie", pour inciter l'élève à déchiffrer tous les écrits de son environnement. Voici par exemple, toujours à l'étape 4, des noms de jeux de société, tous entièrement déchiffrables avec les sons précédemment appris.

Là encore, après avoir lu les noms de jeux, on invite l'élève à en copier certains, pour le mettre en situation active : identification du bon jeu et copie de son nom. 

 

 

lecture vie

Les autres "lectures dans la vie" proposent des titres de magazines, des panneaux, des titres de films, de séries, de romans, des affiches publicitaires anciennes, un catalogue de déguisements, une brochure de musée, un catalogue de jouets, une liste de courses, des articles de dictionnaire et des affiches de sensibiliation.

 

Des textes entièrement déchiffrables

Les textes proposés à la lecture sont également très variés : poèmes, textes documentaires, récits, contes, dialogue théâtral, bande dessinée, article de journal, recette de cuisine, début de roman. Ils n'utilisent que les graphèmes appris précédemment, ce qui les rend entièrement déchiffrables. Par contre, le choix a été fait de proposer des textes résistants, au vocabulaire parfois complexe. En fonction du niveau de langue des élèves, un travail devra parfois être mené en amont par l'enseignant pour rendre le texte accessible.

Ces textes, rédigés en tenant compte des sons appris mais s'adressant à des élèves déjà grands, peuvent très bien être proposés à toute la classe dans le cas où un ou plusieurs élèves suivraient Permis de lire au sein d'une classe ordinaire. Ce serait l'occasion de construire des ponts entre les élèves concernés et les autres élèves de la classe.

Toujours à l'étape 4, le texte documentaire sur le chocolat peut ainsi être travaillé en découverte du monde à l'école élémentaire.

chocolat

A l'étape 10, la version adapté du Roman de Renart proposée dans Permis de lire pourra être proposée à des élèves de 5e SEGPA, par exemple, en lien avec le programme de français et d'histoire.

 

 

renart

 

Un webinaire de présentation

Le jeudi 24 juin 2021 à 17 h 30 a eu lieu un webinaire de présentation de la méthode. L'enregistrement de cette présentation est disponible à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=Llm8zoG1T3c

 

 

Rendez vous le 24 Juin de 17h30 à 18h30 pour un webinaire en direct 3 

 

 

 

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